>
Vous êtes ici
» Retour à la liste
Fonds flexibles : la solution pour dynamiser son assurance-vie
Le 02 / 04 / 2015

 
Les fonds flexibles permettent d’obtenir une meilleure performance que les fonds classiques d’assurance-vie en euros. Ils modifient leur gestion selon l’évolution de la conjoncture afin de rechercher les meilleures opportunités du moment sur les marchés financiers.
 

Quels fonds souscrire dans son contrat d’assurance-vie pour espérer une meilleure performance que sur les fonds en euros certes sans risque, mais aussi sans lustre désormais? Ces dernières années, lorsque leur contrat le leur permettait, les épargnants ont souvent choisi les fonds flexibles, libres de modifier leur gestion selon la conjoncture pour offrir les meilleures performances possibles, sans trop d’à-coups.

 

Ils ont plébiscité par exemple M & G Optimal Income, devenu en quelques années le plus grand fonds d’Europe, avec près de 30 milliards d’euros d’encours. Géré par M & G, filiale de l’assureur Prudential, ce fonds a gagné 6,61 % par an en moyenne ces trois dernières années, surtout grâce aux obligations qui composent la quasi-totalité de son portefeuille. Cette gestion très axée sur les obligations aussi fait le succès d’Eurose, le fonds vedette de DNCA Finance, qui, avec une grande régularité, a offert une performance moyenne annuelle de près de 9 % ces trois dernières années.

 

«Mais aujourd’hui, les taux sont très bas et le moteur obligataire n’est plus aussi puissant. Il est devenu intéressant de prendre plus de risques en choisissant des fonds flexibles qui accordent plus de place aux actions», estime Brice Anger, le directeur de M & G en France. La maison britannique met donc plutôt en avant désormais le fonds M & G Dynamic Allocation, qui consacre 20 % à 60 % de son portefeuille à la Bourse. Les souscripteurs qui l’ont choisi n’ont pas été déçus: il progresse de 9 % déjà pour les premiers mois de l’année, quand son grand frère Optimal Income n’a gagné que 1 %, selon Morningstar.

 

Mais dans sa catégorie, M & G Dynamic Allocation ne manque pas de brillants concurrents. Présent dans de nombreux contrats, Fidelity Patrimoine, par exemple, qui peut détenir jusqu’à 40 % d’actions, a lui aussi rapporté 9 % en moyenne sur trois ans, et déjà plus de 7 % depuis le début de 2015. Idem pour Croissance Réactive (14,5 % par an sur trois ans et 11,7 % cette année), chez CPR AM.

 

Des fonds à redécouvrir

 

À l’honneur aussi, chez ING IM, le fonds Patrimonial Balanced, plusieurs fois distingué par la société d’analyse Morningstar pour la qualité de sa gestion et ses résultats (+ 12 % par an sur trois ans, + 10 % cette année). Il vient d’être sélectionné par la Maif pour son contrat d’assurance-vie ARS.

 

Enfin, chez DNCA, le fonds Evolutif a aussi le vent en poupe (+ 9,45 % cette année, 11 % par an sur trois ans). Ce fonds flexible est autorisé à investir à hauteur de 55 % maximum en actions, soit beaucoup plus qu’Eurose, plus connu mais limité à 30 %. Un seuil que son gérant a atteint en ce début d’année et ne peut dépasser.

 

Certains épargnants pourraient même revenir vers des fonds flexibles qu’ils avaient boudés depuis un ou deux ans, à l’instar de Carmignac Patrimoine. Le fonds vedette de la plus célèbre «boutique» de gestion française avait encore décollecté en Europe l’an dernier, pour cause de performances décevantes. Il a repris des couleurs depuis, avec une hausse de 13 % depuis le 1er janvier. Il a le droit de détenir jusqu’à 50 % d’actions et se rapproche de cette limite.

 

Les fonds garantis peinent

 

Les fonds flexibles ne sont bien sûr pas la seule piste pour diversifier son contrat d’assurance-vie. Les assureurs proposent fréquemment aussi à leurs clients les plus prudents de le faire via des fonds à formule. Ces fonds, assortis d’une garantie en capital à une échéance donnée, permettent aussi de bénéficier d’une partie des performances des marchés d’actions, à condition de rester investi plusieurs années. Seul souci: aujourd’hui, avec des Bourses devenues plus chères et des taux d’intérêt très faibles, créer des fonds de ce genre à la fois performants et protecteurs est devenu très difficile. Ceux qui voient le jour aujourd’hui n’offrent plus, très souvent, qu’une garantie en capital partielle (le souscripteur peut faire des pertes, même si elles sont limitées à 20 % ou 30 %) ou un potentiel de gain limité.

 

Mais certains gérants espèrent que, rassurés par la volonté de la BCE de soutenir l’économie et les marchés européens, les Français vont progressivement accepter de revenir en Bourse sans filet de sécurité et redécouvrir les vrais fonds actions. «Les Bourses européennes ont beaucoup monté, mais si aucun accident politique en Europe ne vient casser la machine, elles sont loin d’avoir fini de progresser», assure Laurent Denize, chez Oddo AM.

 

 

| Publié le 30/03/2015 à 12:24 | Mise à jour le 30/03/2015 à 12:24 | lefigaro.fr